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À chacun sa cause : Nos artistes au grand coeur
« Je me sens concerné, car c’est étonnant à quel point il y a de la solitude » - Éric Bernier
À l’occasion de Noël, Échos Vedettes a rencontré une dizaine d’artistes québécois pour parler de leur implication au sein des organisations dont ils sont les porte-parole et, surtout, de leur motivation à le faire. Ainsi, Éric Bernier, Véronique Cloutier, Virgine Coossa, Céline Dion et René Angelil, Michel Dumont, Catherine Lachance et François Chénier, Martin Matte, François Morency, Béatrice Picard, Julie Snyder, Marie Turgeon, témoignent de leur engagement et de leur expérience qui les a mené à s’associer à une cause. Nous reproduisons le compte-rendu de l'interview réalisée avec Éric Bernier, porte-parole de Gai Écoute et de la Fondation Émergence. Publié avec l’autorisation d’Échos Vedettes. Journaliste : Danielle Desbiens.
« Gai Écoute, ça me tient à coeur, parce que cette ligne téléphonique permet de sortir de l’isolement. Appeler pour demander de l’aide, c’est un geste courageux. Il y a une grande valorisation de la performance, des gens qui sont “capables seuls”, alors il devient très difficile de s’avouer qu’on a besoin d’aide.
« Quand quelqu’un appelle, il peut enfin commencer à parler et ça, c’est libérateur. De plus, Gai Écoute a constitué une banque incroyable de données, les écoutants peuvent donc donner des ressources les plus près du lieu où une personne vit. En plus des jeunes qui nous contactent, on retrouve beaucoup de parents et de gais plus âgés qui n’en peuvent plus de se cacher.
Éric aimerait possiblement suivre la formation pour devenir écoutant. « Je suis assez privé, pudique. C’est une cause qui me convient bien et j’ai des amis écoutants. Je me sens concerné, car c’est étonnant à quel point il y a de la solitude.
« C’est sûr qu’à l’école, quand tu as un côté artistique, que tu es plus petit que les autres, que tu es différent sans même savoir pourquoi, c’est difficile. Beaucoup se font écoeurer. Pour ma part, j’étais si nerveux que je vomissais avant d’aller à l’école. Moi qui étais très timide et solitaire, j’ai décidé de faire du théâtre pour être en groupe, pour le côté communautaire. Du jour au lendemain, j’ai été respecté; c’était en quatrième secondaire. Le théâtre m’a sauvé la vie : j’étais entouré, j’avais des amis qui m’aimaient…
« Ce qui m’a aidé dans mon processus d’affirmation, c’est bizarre. À 15 ans, j’ai lu La confession d’un masque de Mishima, un roman autobiographique où il disait qu’enfant, même sans savoir nommer notre différence, on sent qu’on doit se protéger de la société. On apprend très jeune à camoufler, à porter un masque, parce que ce peut être dangereux autrement.
« Le processus d’affirmation, c’est comme une course aux trésors où l’on cherche des liens, des gens pour se retrouver. C’est aussi la crainte de décevoir les parents qui sont, eux aussi, confrontés à leurs valeurs. Chaque cas est particulier, mais il y a beaucoup de peur et d’isolement. Pouvoir en parler, c’est fondamental. »
Les services d’écoute téléphonique et de renseignements de Gai Écoute sont offerts 365 jours par année et, par conséquent, durant toute la période des fêtes, y compris la journée de Noël et le Jour de l’An. Gratuit, confidentiel et anonyme. Parler, ça fait du bien.
Grand Montréal : 514 866-0103 Ailleurs au Québec : 1 888 505-1010
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