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Le président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence, Laurent McCutcheon, réplique à une opinion de quatre professeurs de philosophie à la retraite publiée dans Le Soleil, selon laquelle « un plan de lutte contre l’homophobie est méprisant pour la population ».
Homosexualité et retraite de la philosophie
Dans son édition du 9 janvier 2009, le journal Le Soleil publie l’opinion de quatre professeurs de philosophie à la retraite qui prennent position sur la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie, en s’adressant à la ministre de la Justice et ministre responsable de la lutte contre l’homophobie. Départ douteux : quatre philosophes confondent un V et un W. Le nom de la ministre concernée est Kathleen Weil et non pas Veil.
Le titre est accrocheur, Un plan de lutte contre l’homophobie méprisant pour la population. Les quatre signataires sont identifiés comme professeurs de philosophie à la retraite : John White, Gérard Lévesque, Charles Cauchy et Maurice Cormier. Avant de leur donner la réplique, j’ai cru utile de faire une petite recherche Google avec leur nom respectif. Les résultats pointent en direction de l’éthique et la religion.
Quant à leurs propos, ils sont fondés sur la règle de la majorité et de la minorité, avec la prétention que la majorité est nécessairement détentrice de la vérité. Bref, si la majorité est hétérosexuelle, l’homosexualité doit avoir un statut d’infériorité. La conclusion de l’article résume l’essentiel de la pensée des auteurs : « Refuser d’attribuer à l’orientation homme-femme les titres d’orientation normale et d’orientation la meilleure, c’est la priver injustement de la dignité qui lui revient ».
On a l’habitude d’attribuer aux philosophes la vertu de la sagesse, du propos raisonné et de l’analyse logique. Or, il semble que le point de vue des auteurs souffre plutôt d’une faille importante dans le raisonnement. La légitimité des minorités est évacuée, oubliant que la majorité est constituée de l’addition des minorités avec les différences qui leur sont propres. Selon eux, la faculté de penser amène à la conclusion que la règle de la majorité dicte nécessairement la voie à la minorité.
Si l’on devait s’en remettre à pareil raisonnement, il faudrait nier le droit à la différence des minorités sans autres considérations. Selon eux : « … le document (la politique) laisse entendre que la majorité qui a des réserves face à l’homosexualité puisse arriver à cela par un discours rationnel, par bon sens. Cette façon d’analyser méprise la capacité de juger de la majorité de la population ».
L’analyse des auteurs repose sur des bases erronées qui conduisent nécessairement à une conclusion erronée, fondement même de la logique. L’erreur consiste à transposer le raisonnement au niveau de l’orientation sexuelle, de la sensibilité, de l’affection et de l’amour. La présente citation « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » a été ignorée dans ce cas-ci. Étonnant!
L’orientation sexuelle des personnes n’est pas un choix raisonné. L’homosexualité est un fait dont les personnes prennent acte à un moment de leur vie, tout comme les personnes hétérosexuelles lorsqu’elles éprouvent une affection particulière pour une personne de l’autre sexe.
Messieurs White, Lévesque, Cauchy et Cormier, je vous reconnais le droit d’exprimer librement votre pensée. Toutefois, cessez d’utiliser votre titre de professeur de philosophie. Merci d’être retraités de l’enseignement.
Laurent McCutcheon Président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence Porte-parole pour l’adoption d’une politique de lutte contre l’homophobie
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