Définitions

Homophobie

Homophobie un terme récent

Résultats de recherche d'images pour « George Weinberg »Le mot homophobie est apparu dans les années 1960. C’est un psychologue américain, George Weinberg, qui semble être l’un des premiers à avoir utilisé le terme homophobie dans ses travaux en 1969. Il l’utilisera à nouveau dans Society and the Healthy Homosexual, son livre publié en 1972. K.T. Smith, dans l’article Homophobia: A Tentative Personality Profile se servit aussi de ce mot en 1971.

Les auteurs francophones aussi utilisèrent le terme homophobie rapidement. Voici comment Weinberg définissait l’homophobie en 1972 : « La peur des hétérosexuels d’être en présence d’homosexuels et le dégoût qu’ont les personnes homosexuelles d’elles-mêmes ».

Plusieurs ont suggéré d’utiliser le terme hétérosexisme, mais l’usage a consacré le terme homophobie. Par extension, d’autres néologismes sont en train de voir le jour, tels la lesbophobie, qui se définit comme une aversion envers les lesbiennes et le lesbianisme, ainsi que la biphobie, une aversion envers les bisexuel.le.s et la bisexualité.

Les dictionnaires ne font référence à l’homophobie que depuis peu : en effet, ce n’est qu’au milieu des années 1990 que le terme a été intégré dans les différents dictionnaires français : en 1997 pour le Petit Robert et en 1998 pour le Larousse. (Les dictionnaires de langue anglaise avaient commencé un peu plus tôt à définir le terme.)

Aujourd’hui le Larousse définit l’homophobie comme : « Rejet de l’homosexualité, hostilité systématique à l’égard des homosexuels. »

Selon les académiques

« Un ensemble de préjugés, attitudes, jugements de valeur et comportements qui s’exercent, sur le mode négatif, à l’encontre des personnes homosexuelles » 

Selon Christophe Gentaz, socio-anthropologue, prépare un doctorat en anthropologie sociale à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris sur le thème de la construction sociale de la virilité : L’homophobie masculine : préservatif psychique de la virilité? 

« L’homophobie est fortement liée au sexisme. L’homophobie est l’intériorisation, pour chaque individu, du sexisme dans ses rapports aux autres. L’homophobie est la discrimination envers les personnes qui montrent, ou à qui l’on prête, certaines qualités (ou défauts) attribuées à l’autre genre ».

Selon Daniel Welzer-Lang, anthropologue, enseignant et chercheur à l’Université Lumière Lyon 2. Il y dirige le groupe Anthropologie des sexes et de la vie domestique au sein du Centre de recherches et d’études anthropologiques (CREA). Il a publié plusieurs ouvrages sur les hommes et le masculin. Citation tirée de L’homophobie – la face cachée du masculin in La peur de l’autre en soi, du sexisme à l’homophobie, VLB éditeur, 1994

Transphobie

Définitions

Comme toute définition la définition de la transphobie a évolué dans le temps.

Selon le Lexique LGBT sur la diversité sexuelle et de genre en milieu de travail réalisé par la Chambre de commerce gaie du Québec (CCGQ) paru en 2014 : « Dégoût, haine, crainte ou rejet de la transidentité, des personnes transgenres, transsexuelles ou travesties. La transphobie inclus toute attitude ou pratique discriminatoire, directe ou indirecte, envers les personnes dont l’identité de genre n’est pas perçue comme étant en accord avec leur sexe biologique ou encore qui  n’est pas conforme aux normes en vigueur. »

En 2015, l’Office québecois de la langue française définit la transphobie comme « Crainte, hostilité ou discrimination qui se manifeste à l’endroit des transgenres et des transsexuels. »

Selon le lexique d’Interligne (à l’époque Gai écoute) paru en 2014 :

« Réfère à la haine et aux préjugés à l’endroit des personnes trans ou des personnes cisgenres qui ne se conforment pas aux normes traditionnellement associées à leur genre. La transphobie peut se manifester sous forme de violences verbales (moqueries, insultes), psychologiques (rumeurs, chantage, outing), physiques (agressions, crimes haineux, viols ou meurtres) ou par un comportement discriminatoire ou intolérant (discrimination à l’embauche, au logement, ou encore à l’accès aux soins médicaux). »

Selon le glossaire « Les mots de la diversité liée au sexe, au genre et à l’orientation sexuelle » publié en 2017 :

« La transphobie regroupe toutes les attitudes négatives pouvant mener à la discrimination (harcèlement, rejet, violence, etc.) à l’endroit des personnes trans ou des personnes non conformes aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité. Un exemple de transphobie est l’utilisation du mauvais prénom ou des mauvais pronoms, en présence ou en l’absence de la personne en question. »

Prise de conscience

L’hostilité envers les personnes LGBT a malheureusement toujours existé. Ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience et la dénonciation de l’homophobie et de la transphobie. L’absence des termes homophobie et transphobie, puis leur apparition tardive dans le dictionnaire illustre bien le refus de la société en général de reconnaître comme problématique la discrimination des personnes qui ne se conforment pas aux normes de genre ou ayant des relations non hétérosexuelles.

L’homophobie comme la transphobie reposent sur des préjugés individuels mais aussi sur des préjugés sociétaux ou systémiques.

Comme pour toutes les attitudes fondées sur les préjugés ou la haine, comme le sexisme ou la misogynie, le racisme et l’antisémitisme, l’homophobie et la transphobie ne reposent sur aucun fondement sérieux et proviennent de l’impossibilité de se représenter la différence. Cette différence étant perçue comme une menace pour des individus et, par extension, pour la société en général. Certains mouvements laïques ou religieux affirment que la reconnaissance de l’homosexualité et son inclusion complète dans les lois ou dans la société en général mettront en péril la reproduction de la race humaine. L’homophobie a d’ailleurs comme prémisse que l’homosexualité est inférieure, anormale et marginale.

Les arguments homophobes ont des origines très diverses : religieuses, pseudo-scientifiques ou issues de l’éducation. Aucun ne résiste à un examen sérieux. En réalité, l’homophobie est une peur irrationnelle qui cherche après coup des arguments pour se justifier. Il en est de même pour les arguments transphobes même si ce ne sont pas toujours les mêmes. Il suffit de lire certains articles de presse pour se rendre compte que ces préjugés persistent.

La Journée internationale contre l’homophobie entend combattre les préjugés envers les personnes LGBT et assurer à tous et à toutes une place pleine et entière au sein de la société.

Lexique LGBT

Manifestations de l’homophobie

L’homophobie et la transphobie se manifestent sous différentes formes. Elles peuvent être conscientes, inconscientes, voire intériorisées. Voici quelques exemples de différentes formes d’homophobie ou de transphobie :

  • L’homophobie d’attitude
    Sentiment ou opinion voulant que les personnes homosexuelles ou trans soient anormales ou malades. Ce sont ce genre d’arguments qui permettent à la thérapie de conversion d’exister. Les personnes LGBT n’ont pas besoin d’être soignées, elles sont très bien comme elles sont.
  • L’homophobie hétérosexiste
    Croyance voulant que tout le monde soit hétérosexuel ou que l’hétérosexualité soit la seule voie valable. Cette croyance repose sur la notion de norme de la majorité. C’est ce qui rend la sortie du placard si compliquée. En partant du principe que tout le monde est hétérosexuel ou cisgenre on invisibilise une grande partie de la population (plus d’1 personne sur 10!)
  • La transphobie cissexiste
    Croyance voulant que tout le monde soit cisgenre ou qu’il s’agit de la seule façon d’être. Cette croyance repose sur la notion de norme de la majorité. C’est ce qui rend la sortie du placard si compliquée. En partant du principe que tout le monde est hétérosexuel ou cisgenre (ou s’identifie soit comme homme soit comme femme) on invisibilise une grande partie de la population (autant que le nombre de personnes avec les cheveux roux!)
  • L’homophobie du langage
    Langage comportant un vocabulaire et des expressions allant de la plaisanterie à l’injure. Ex : utiliser des mots qui peuvent désigner des gais comme une insulte ou pour dire qu’une chose n’est pas bien.
  • Transphobie du langage
  • Langage comportant un vocabulaire et des expressions allant de la plaisanterie à l’injure. Ex : Ne pas reconnaître le genre d’une personne, se moquer de l’apparence des personnes trans, utiliser de mots insultants pour désigner des personnes trans.
  • L’homophobie ou transphobie interpersonnelle
    Manifestation d’inconfort, d’insécurité ou de peur au contact des personnes homosexuelles ou trans.
  • L’homophobie et transphobie institutionnelle ou systémique
    Pratique institutionnelle érigée en système où les personnes homosexuelles et/ou trans sont défavorisées. La transphobie institutionnelle peut par exemple se manifester par le refus de changer les noms et pronoms d’usage d’une personne dans son dossier pour qu’ils correspondent à son identité, ou dans la difficulté pour une personne trans de trouver un emploi.
  • L’homophobie d’intérêt
    Attitude des personnes qui s’intéressent à l’orientation homosexuelle ou à l’identité trans à des fins pécuniaires ou personnelles et qui refusent toute association à l’homosexualité. Ce sont, entre autres, de faux alliés.
  • Fétichisation 
  • Les personnes trans, lesbiennes et bisexuelles sont particulièrement à risque d’être hypersexualisées. En fétichisant une personne on la réduit à un fantasme et non un être humain à part entière.
  • L’homophobie intériorisée
    Forme d’homophobie, souvent inconsciente, résultant de l’éducation et des valeurs transmises par la société. Les personnes homosexuelles ne sont pas à l’abri de cette forme d’homophobie, ayant reçu la même éducation que tous et ayant été influencées par les mêmes valeurs de la société. On retrouve cette forme d’homophobie dans des propos qui reproche à une personne d’être « trop » gaie, ou qui essayent de se distancer de la communauté homosexuelle. (ex : je ne suis pas comme les autres gais, moi je suis pas ….)
  • L’homophobie et la transphobie passive ou par omission
    Attitude passive qui consiste à ne rien dire ou à ne rien faire devant un comportement homophobe ou transphobe, alors que la situation voudrait que l’on intervienne pour y mettre fin.
  • L’homophobie et la transphobie violente
    Manifestation extrême de l’homophobie et de la transphobie qui conduit à la violence, allant de l’agression verbale jusqu’au crime haineux. Les personnes trans sont particulièrement victimes de ce genre de violences.

Comment intervenir dans un groupe de jeunes lors de comportements homophobes

  • Mettre un terme au harcèlement en identifiant l’agresseur.
  • Identifier le type de harcèlement en affirmant qu’il s’agit d’un comportement dénigrant l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre.
  • Élargir le débat en faisant savoir que ces comportements ne sont pas tolérés.
  • Exiger un changement de comportement en demandant à l’agresseur pourquoi il a dit ou il a fait cela.
  • Rassurer la victime et l’inviter à dénoncer un tel comportement s’il se reproduit.

Témoignages

Vous avez été victime ou témoin d’un acte homophobe ou transphobe et voulez partager vos conseils pour faire face à ce genre de situation ? Vous avez pris des mesures, dans votre milieu, pour faire échec à l’homophobie et la transphobie ? Vous voulez donner votre appui personnel à la Journée internationale contre l’homophobie? Cette section vous est réservée. Écrivez-nous! Vous pouvez nous faire part de votre témoignage par courrier électronique ou par la postee  :

  • par courriel : courrier@homophobie.org
  • par la poste :
    Fondation Émergence inc.
    C.P. 1006, succursale C
    Montréal (Québec) H2L 4V2

À moins d’avis contraire, les témoignages reçus seront affichés sur le site Internet homophobie.org. À la demande de la personne concernée, le texte sera signé ou non signé ou comportera un pseudonyme.La Fondation Émergence se réserve le droit de le vérifier, et retirer tout témoignage qui ne correspondrait pas à son code de valeur.

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