SPORT

Un silence érigé en système

Les sports d'équipe

Les sports d’équipe n’ont pas la réputation de se montrer accueillants envers les personnes LGBT. Le système sportif s’est développé sur la présomption d’hétérosexualité de tous.te.s. En apparence, cela semble vrai : on ne connaît que très peu de personnes LGBT dans les équipes professionnelles. Dans les sports d’équipe, on se comporte comme si l’homosexualité n’existait pas.

Les sports individuels

Les sports individuels offrent une plus grande latitude pour les sportifs et les sportives qui veulent dévoiler leur orientation sexuelle sans que leur carrière ne soit compromise. Même si le système est moins contraignant et que la performance fait la loi, il faut néanmoins encore beaucoup de courage et de détermination pour faire son "coming out". En effet certain.e.s craignent de perdre leurs commanditaires et le support de leurs fans.

Le passage aux vestiaires

Dans le monde du sport, le passage au vestiaire est la règle et la première prise de conscience des tabous liés à la sexualité. Beaucoup de personnes LGBT ont des expériences négatives avec cette mise à nu, et font leur apprentissage des moqueries et de l’homophobie et la transphobie.

Lutter contre le silence

La lutte aux préjugés est l’affaire de toute la société. Toutes et tous sont invités à rompre le silence qui entoure la question de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre dans le monde du sport, en parlant :

  • du silence de celles et ceux qui sont la cible de plaisanteries et de moqueries en raison de leur orientation ou de leur identité de genre;

  • du silence entourant les blessures morales infligées aux personnes LGBT résultant de leur exclusion;

  • du silence sur l’obligation de cacher son orientation sexuelle dans le milieu du sport;

  • du silence des acteurs du monde du sport qui nient toujours l’existence des réalités des minorités sexuelles et de genre;

  • du silence des médias au sujet de l’orientation sexuelle dans le monde du sport;

  • du silence des médias sur les athlètes hommes trans.

  • du silence des sportifs qui ne réagissent pas face aux propos, aux attitudes et aux comportements homophobes et transphobes dont ils sont témoins.

Le saviez-vous ?

Dans une étude réalisée en 2014 dans 6 pays anglophones dont les USA, le Canada et le Royaume-Uni, 44% des hommes gais adultes ont dit cacher leur orientation de peur d'être rejetés par leurs coéquipiers.

Source

Parler du silence

À l’instar de l’ensemble de la société, le monde du sport s’est construit sur des valeurs d’une époque où l’homosexualité était interdite et condamnée. Combattre l’homophobie nécessite un effort collectif de tous les intervenants du monde du sport. Parler du silence autour de la diversité sexuelle dans le monde du sport est une responsabilité de tous les intervenants.

Les institutions d'enseignement

Les jeunes qui participent à des activités sportives doivent pouvoir compter sur le soutien de leur milieu où la diversité sexuelle est respectée.

Les commanditaires de compétitions sportives

Les commanditaires et les annonceurs associés au monde du sport sont invités à inclure la diversité sexuelle dans leurs communications.

Les organisations sportives

Le sport professionnel occupe le haut du pavé, reçoit l’attention médiatique, suscite l’enthousiasme des amateurs et constitue l’exemple à suivre. Toutes les organisations sportives devraient adopter une politique de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Les médias

Le sport bénéficie d’une grande couverture médiatique. Une immense responsabilité incombe à toutes les personnes qui oeuvrent dans les médias, particulièrement les médias sportifs. Ils doivent rompre le silence relatif à la diversité sexuelle.

Les amateurs de sports

Les amateur.e.s de sports ne doivent pas tolérer que l’on discrimine les sportifs et sportives sur la base de l’orientation sexuelle, leur expression ou de leur identité de genre.

Si vous entendez des commentaires homophobes ou transphobes, il ne tient qu'à vous y opposer.

Les athlètes

Les sportifs des minorités sexuelles et de genre doivent persévérer dans la pratique de leur sport et ne pas renoncer à leur espoir de carrière dans le monde du sport.

Il est aussi important pour les sportifs et sportives allié.e.s de prendre la parole et donner le bon exemple.

Selon notre sondage, effectué en 2010  : 

  • 78 % des Québécois.es et 72 % des autres Canadien.ne.s trouvent que dans le monde du sport, la question de l’homosexualité est gardée sous silence. Seuls 14 % des canadien.ne.s se sont dits en désaccord.

  • 1 canadien.ne sur 5 pense que le fait de connaître l'orientation
    sexuelle d'un athlète influencerait l'appréciation que le public se fait de cet athlète de façon négative

  • 1/3 des canadien.ne.s pensent que les sportifs gai n'ont pas une chance de réussir leur carrière comparable aux sportifs hétérosexuels.

  • 61% des répondant.e.s sont d'accord avec le fait que le monde du sport est un milieu peu accueillant pour les hommes homosexuels et 45% pensent qu'il est peu accueillant pour les lesbiennes.

CHIFFRES

En 2010, la société canadienne ne semblait pas prête pour un athlète gai

Transphobie

Vestiaires et douches

L'atmosphère parfois toxique des vestiaires fait en sorte que les vestiaires et les douches sont souvent des espaces non sécuritaires pour les personnes trans. L'installation de locaux non genrés ou de cabines individuelles pour se changer et se doucher rendrait le milieu du sport plus accueillant pour les personnes trans et pour beaucoup d'autres personnes.

Légitimité et compétition

Les amateur.e.s de sports ne doivent pas tolérer que l’on discrimine les sportifs et sportives sur la base de leur expression ou de leur identité de genre.

Encore aujourd'hui les femmes trans athlètes sont soupçonnées de "tricher" alors que les hommes trans athlètes restent dans l'ombre.

Accessibilité

Les personnes trans sont souvent exclues ou confrontées à des difficultés importantes pour accéder à des opportunités sportives compétitives. Que ce soit lors de l'adhésion à une fédération, l'inscription à une compétition, ou l'accès aux services d'assurance et de santé, la non-inclusivité des politiques de la plupart des organismes demeure problématique.

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